War in Ukraine : close to 80.000 Russian soldiers killed or wounded, according to the Pentagon

Moscou et Kiev s’accusent de bombarder la plus grande centrale nucléaire d’Europe, un premier navire transportant des céréales exportées par l’Ukraine est arrivé à sa destination, les forces russes piétinent dans l’est du paysAu 166e jour du conflit, Le Figaro fait le point, ce lundi 8 august, sur les dernières informations issues de la guerre en Ukraine.

Moscou a accusé lundi les forces ukrainiennes de bombarder la plus grande centrale nucléaire d’Europe, Zaporijjia, tenue par l’armée russe. Les deux belligérants s’accusent mutuellement depuis vendredi de bombarder cette centrale située dans le sud de l’Ukraine et tombée début mars aux mains des soldats russes, sans qu’aucune source indépendante ne puisse confirmer.

Le bombardement du site de Zaporijjia «par les forces armées ukrainiennes» est «potentiellement extrêmement dangereux» et «pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour une vaste zone, y compris pour le territoire européen», a averti lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Le ministère russe de la Défense a affirmé lundi que la dernière frappe, dans la nuit de samedi à dimanche, avait endommagé une ligne à haute tension fournissant de l’électricité à deux régions ukrainiennes.

Le patron de l’agence nucléaire ukrainienne Energoatom, Petro Kotine, a pour sa part appelé lundi à déloger les occupants russes et à créer une «zone démilitarisée» sur le site de la centrale. «Il devrait y avoir une mission de gardiens de la paix qui inclurait aussi des experts de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) et d’autres organisations de sécurité», a-t-il poursuivi dans une vidéo publiée sur Telegram. Selon lui, la centrale de Zaporijjia est occupée par «environ 500 soldats et 50 véhicules lourds, des tanks et des camions». Les États-Unis ont eux appelé la Russie à cesser toute activité militaire dans et autour des centrales nucléaires en Ukraine.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a brandi lundi le spectre de la catastrophe de Tchernobyl et appelé à de nouvelles sanctions contre la Russie. «Le monde ne doit pas oublier Tchernobyl et le fait que Zaporijjia est la plus grande centrale d’Europe. La catastrophe de Tchernobyl (in 1986), c’est l’explosion d’un réacteur et la centrale de Zaporijjia est dotée de six réacteurs», a-t-il déclaré lundi soir dans son adresse vidéo quotidienne.

Le secrétaire général de l’ONU a qualifié lundi de «suicidaire» toute attaque contre des centrales nucléaires et a appelé à l’arrêt des opérations militaires autour de celle de Zaporijjia, afin que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) puisse y accéder.

«Toute attaque contre des centrales nucléaires est une chose suicidaire», a dit Antonio Guterres lors d’une conférence de presse à Tokyo. «J’espère que ces attaques prendront fin. En même temps, j’espère que l’AIEA pourra accéder à la centrale» de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, théâtre depuis vendredi de bombardements dont les belligérants russes et ukrainiens se sont mutuellement accusés, a-t-il ajouté. Depuis une semaine, le secrétaire général de l’ONU ne cesse de s’inquiéter des risques nucléaires sur l’humanité qui n’est qu’à «un malentendu» ou «une erreur de jugement» de l’«anéantissement nucléaire», avait-il mis en garde le 1er août dans un discours à New York.

Près de 80.000 soldats russes ont été tués ou blessés depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, a déclaré lundi le numéro trois du Pentagone, Colin Kahl, soulignant que les objectifs annoncés par le président russe Vladimir Poutine n’ont pas encore été atteints.

«Les Russes ont probablement perdu 70.000 ou 80.000 soldats en moins de six mois», a déclaré à la presse Colin Kahl, secrétaire à la Défense adjoint chargé des questions politiques, notant que ce chiffre recouvre les morts et les blessés. Les forces russes ont aussi perdu «3000 ou 4000» véhicules blindés, et pourraient manquer de missiles guidés de précision, notamment des missiles air-sol et mer-sol, a-t-il ajouté. «C’est tout à fait remarquable vu que les Russes n’ont atteint aucun des objectifs de Vladimir Poutine au début de la guerre», a poursuivi le responsable américain. Kiev a fait état d’au moins 10.000 morts et 30.000 blessés dans ses troupes.

Selon une source militaire ayant requis l’anonymat, l’armée ukrainienne, qui était forte de 170.000 soldats d’active et 100.000 réservistes au début de la guerre le 24 february, s’est renforcée pour atteindre 300.000 à 350.000 militaires. Avant l’invasion de l’Ukraine le 24 february, quelque 150.000 à 200.000 soldats russes étaient déployés aux frontières de l’Ukraine, selon les estimations occidentales.

Un premier navire transportant des céréales exportées par l’Ukraine a accosté lundi à sa destination finale, la Turquie, a annoncé Kiev alors que l’arrivée d’un autre navire qui devait accoster dimanche au Liban a été retardée. Le cargo turc Polarnet qui a quitté vendredi le port ukrainien de Tchornomorsk avec 12.000 tons of corn, est arrivé comme prévu à destination après son inspection par le Centre de coordination conjointe (CCC) établi à Istanbul aux termes de l’accord international signé en juillet, a annoncé dans un communiqué le ministère ukrainien de l’Infrastructure.

The Razoni, un cargo battant pavillon sierra-léonais qui avait quitté dès lundi 1er août le port ukrainien d’Odessa avec 26.000 tonnes de maïs et qui aurait dû accoster dimanche à Tripoli (Liban) n’est toujours pas arrivé à destination. Selon l’ambassade ukrainienne au Liban, «l’acheteur final au Liban a refusé d’accepter la cargaison en raison du retard des conditions de livraison (cinq mois)». «L’expéditeur est donc à la recherche d’un autre destinataire. Cela peut être au Liban ou dans un autre pays», a ajouté sur Twitter l’ambassade ukrainienne.

Un navire chargé de 60.000 tonnes de céréales a quitté lundi pour la première fois depuis le début de la guerre Pivdenny, un des trois ports ukrainiens de la mer Noire concernés par l’accord sur la reprise des exportations de céréales. «Au cours des deux prochaines semaines, nous prévoyons d’atteindre un rythme de trois à cinq navires par jour», a indiqué le ministère ukrainien des Infrastructures. Au total, huit navires chargés de céréales sont déjà partis d’Ukraine. La Russie et l’Ukraine ont signé deux accords séparés, parrainés par la Turquie et les Nations unies, le 22 juillet à Istanbul, qui permettent la reprise des exportations de céréales ukrainiennes malgré la guerre et de produits agricoles russes malgré les sanctions occidentales.

La Banque mondiale a annoncé lundi une aide supplémentaire de 4,5 milliards de dollars pour l’Ukraine, grâce à des fonds apportés par les États-Unis, afin d’aider le gouvernement à faire face aux «besoins urgents engendrés par la guerre». Cette aide supplémentaire doit notamment permettre au gouvernement et aux autorités locales d’assurer des dépenses sociales, de retraite ou de santé, précise la Banque mondiale dans un communiqué. L’aide sera versée par tranches au gouvernement ukrainien, avec un premier versement de 3 milliards de dollars ce mois, a précisé le département américain au Trésor, dans un communiqué distinct.

De son côté, le Pentagone a annoncé une nouvelle tranche d’aide militaire à l’Ukraine, pour un montant d’un milliard de dollars, qui comprend notamment des missiles supplémentaires pour les systèmes américains d’artillerie de précision Himars.

À Donetsk, une des deux régions du bassin houiller du Donbass, où se concentrent les efforts russes, et dont le président ukrainien a ordonné le 30 juillet l’évacuation de la population, l’état-major ukrainien a affirmé dimanche avoir repoussé un assaut près de Virnopillia et fait état de plusieurs replis russes, notamment près des villes de Sloviansk, Bakhmout et Avdiïvka.

«La zone d’engagement dans le Donbass semble avoir diminué significativement au cours des deux dernières semaines. L’extrémité nord du saillant du Donbass (Siversk-Sloviansk) semble devenue très calme», observait dimanche Phillips O’Brien. «Ce qu’il reste d’action offensive russe est concentré sur Bakhmout et une poussée à partir de la ville de Donetsk», précisait-il.

Le ministère britannique de la Défense estime de son côté que «la Russie est très probablement en train de poser des mines antipersonnel pour protéger et réduire la liberté de mouvement le long de ses lignes défensives dans le Donbass». Et prévient que «ces mines sont susceptibles de causer des pertes à grande échelle à la fois au sein de l’armée et de la population civile».

In the field, les forces ukrainiennes ont de nouveau frappé dans la nuit de dimanche à lundi un important pont de Kherson, une ville du sud de l’Ukraine occupée par les troupes russes depuis le 3 mars, ont annoncé les autorités de Kiev. Le pont Antonovski est stratégique et vital pour le ravitaillement car il est le seul reliant la ville à la rive sud du Dniepr et au reste de la région de Kherson. Les forces ukrainiennes annoncent depuis plusieurs semaines une contre-offensive dans cette région afin de reconquérir ces territoires perdus dans les tout premiers jours de l’offensive russe.

Les services de sécurité ukrainiens ont affirmé lundi avoir déjoué une tentative d’assassinat du ministre de la Défense et du chef du renseignement militaire ukrainiens et avoir neutralisé plusieurs de ses organisateurs présumés. Le SBU (services de sécurité de l’Ukraine) a annoncé sur son compte Telegram avoir «arrêté des tueurs des services secrets russes qui prévoyaient les assassinats» du ministre de la Défense Oleksiï Reznikov et du chef du renseignement militaire Kyrylo Boudanov. Il a diffusé une vidéo de ces arrestations sur laquelle on voit un groupe armé mettre à terre et menotter deux hommes en civil qui sont en train de se diriger vers une voiture.

L’interpellation de ces deux hommes, dont l’un est arrivé de Russie en Ukraine via le Bélarus, s’est déroulée à Kovel, dans le nord-ouest du territoire uktainien. Selon le SBU, les personnes arrêtées préparaient «la liquidation physique» de ces deux hauts responsables de la défense ukrainienne ainsi que d’un «militant ukrainien connu» dont il ne cite pas le nom. Chacun de ces meurtres devait être récompensé d’une somme allant de 100.000 à 150.000 dollars, a affirmé le SBU.

Un tribunal ukrainien a condamné à 10 ans de prison un tankiste russe accusé d’avoir tiré sur un immeuble résidentiel, ont annoncé lundi les services ukrainiens de sécurité (SBU). Le sergent Mikhaïl Koulikov, fait prisonnier au début de l’invasion russe de l’Ukraine, a été reconnu coupables de «violation des lois et coutumes de la guerre» par un tribunal de Tcherniguiv, dans le nord de l’Ukraine.

Selon le SBU, «il a été établi que le tankiste russe avait franchi le 24 février la frontière de l’Ukraine depuis le Bélarus» puis, avançant en direction de cette capitale régionale durement touchée par les combats, «bombardé des localités». «Le 26 february, suivant l’ordre de son commandant, il a notamment tiré sur un immeuble résidentiel de 11 étages abritant des civils. Plusieurs appartements ont été détruits», poursuit le SBU, selon qui son char avait été intercepté peu après et le sergent Koulikov capturé.

La journaliste russe Marina Ovsiannikova, célèbre pour avoir interrompu le journal d’une chaîne d’État russe avec une affiche contre l’offensive en Ukraine, a été condamnée lundi à une nouvelle amende pour avoir dénoncé le conflit. Reconnue coupable par un tribunal administratif de Moscou d’avoir «discrédité» l’armée russe, Marina Ovsiannikova devra payer une amende de 40.000 roubles (environ 650 euros au taux de change actuel), a-t-elle indiqué sur son compte Telegram.

Son avocat, Dmitri Zakhvatov, a indiqué à l’AFP que la journaliste avait été condamnée sur la base d’un message qu’elle avait publié sur Facebook. Elle avait déjà été condamnée fin juillet à payer une amende pour le même motif. Deux condamnations à moins de six mois d’intervalle ouvrent la voie à une affaire au pénal, avec de potentielles conséquences judiciaires beaucoup plus lourdes.

Marina Ovsiannikova, qui continue de critiquer vivement l’offensive en Ukraine malgré les menaces judiciaires, a également partagé le texte de sa défense, tout en ironie, qu’elle a lu devant le juge lundi. «J’admets que c’est bien (…) l’Amérique et l’Europe qui ont conduit au fait qu’en Russie il n’existe plus de liberté d’expression, de tribunal indépendant ou d’élection libre. Ou que des gens sont emprisonnés pour avoir appelé à la paix», a-t-elle notamment dit.

La Finlande a enregistré un nombre record de demandeurs d’asile après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, dépassant le record de 2015 pendant la crise migratoire, ont déclaré lundi les autorités finlandaises. «Le 4 august, les personnes fuyant l’Ukraine à cause de l’attaque militaire de la Russie ont soumis 35.074 demandes pour une protection temporaire», a déclaré le Service de l’immigration finlandaise dans un communiqué. More 37.000 personnes sont actuellement enregistrées dans le système d’accueil, «un nombre jamais atteint». Le précédent record dans le pays nordique était de 32.000, pendant la crise migratoire de 2015.

Les ressortissants russes ne peuvent plus visiter le château de Vincennes (Val-de-Marne), qui abrite également des archives du ministère français des Armées, depuis une directive interne prise à la suite de l’invasion de l’Ukraine, a appris lundi l’AFP de sources concordantes.

Le château de Vincennes, situé au sud-est de Paris, contient notamment l’un des centres du Service Historique de la Défense (SHD), dont les bibliothèques et les archives sont accessibles au public sous certaines modalités. The 28 juillet, deux femmes russes se sont vu refuser l’entrée. Interrogé par l’AFP, le ministère des Armées a expliqué avoir, «à la suite de l’invasion de l’Ukraine», «restreint l’accès aux emprises militaires du ministère aux ressortissants russes».

 

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